Chemin Emmaüs

Dans la continuité des réflexions du synode de la famille :
Un chemin d’Emmaüs vers les sacrements
pour les couples vivant une nouvelle union.

bandeau reliance croixEn préalable à toute proposition pastorale concrète, il parait souhaitable d’en définir l’esprit à travers quelques principes.

1. La question du ré-accès des personnes divorcées-remariées étant principalement celle de certains pays et pas encore ou pas du tout celle d’autres pays, une réponse pastorale appropriée ne pourra s’élaborer et être reçue que dans les conférences épiscopales concernées par cette thématique.
2. La situation d’impasse devant laquelle se trouvent des couples de chrétiens divorcés-remariés et leurs enfants nécessite une solution urgente qui ne peut attendre une révision de la théologie du mariage qui doit prendre en compte les diverses cultures, et qui mettra beaucoup de temps car c’est un chantier complexe.
3. Puisque l’Église affirme que les personnes divorcées-remariées font bien partie de l’Église, il serait cohérent que dans les commissions de réflexion sur ce sujet, figurent des personnes divorcées et divorcées-remariées …Selon la formule « nothing for us, without us « appliquée dans nos sociétés humaines, pour les minorités.
4. En regardant le Christ dans l’Évangile ( comme nous le rappelle sans cesse le pape François ), on constate que lui-même s’approche de la personne, l’accueille, l’écoute, lui redonne sa confiance, la relève sans la condamner et lui propose un chemin de vie….et tout ceci sans condition …on doit donc s’efforcer de suivre sa méthode.
5. Ce que les personnes « divorcée-remariées » à qui l’Eglise a demandé de s’abstenir des sacrements, attendent ardemment, c’est un chemin de retour « officiel », une parole de l’Eglise –institution qui ouvre la porte, un chemin de résurrection.
Ceux qui respectent la discipline, ceux qui ont, après un discernement repris le chemin des sacrements, ceux qui se sont éloignés de la pratique, même ceux se disent indifférents ou pas concernés, tous attendent une parole.
6. Les couples vivant une nouvelle union ont déjà parcourus un chemin, certain après avoir éclairé leur conscience, ont repris le chemin de l’eucharistie, d’autres attendent encore. il s’agit donc de les rejoindre sur ce chemin, là où ils en sont, comme le Christ rejoint les deux disciples sur le chemin d’Emmaüs. C’est pourquoi il est nécessaire de proposer des cheminements différents et adaptés aux situations personnelles de chaque couple. En effet un couple vivant depuis plus de 20 ans dans sa nouvelle union, paroissien fidèle et investi n’a sans doute pas le même chemin à faire ( on peut même penser qu’il est au bout du chemin ) qu’un tout jeune nouveau couple qui cherche à stabiliser sa nouvelle vie, au milieu des difficultés d’une famille recomposée et de relations encore orageuses avec son ex-conjoint, sans oublier les célibataires qui ont épousé une personne divorcées. Il s’agit donc d’un chemin de discernement pour choisir la vie.
Des démarches personnelles de pardon et même de réconciliation ont déjà commencé et pour certains ont abouti depuis le temps du divorce ; C’est pourquoi le terme que l’on entend déjà (en référence à la pratique orientale) de « chemin pénitentiel » me semble impropre , voire blessant et il faudrait préférer le terme de « chemin de discernement ». Ces différents parcours doivent aboutir à une parole officielle de l’Église dont la forme également doit être adaptée.
7. Il serait également très important de bien communiquer sur toutes ces propositions, en expliquant bien l’esprit, afin que les chrétiens et les prêtres peu disposés à accueillir à la table eucharistique ces couples qui, pour eux, vivent encore « dans le péché », comprennent le sérieux de ces démarches, et la nécessité pour eux-mêmes également approfondir leur relation aux sacrements afin de pouvoir se réjouir tous ensemble de cette pleine communion retrouvée.
8. Le pape François nous demande de faire preuve d’invention, et d’avoir un regard de proximité en Eglise
( Evangelii gaudium 169 )
Ainsi ce chemin de discernement doit se faire en Église, c’est-à-dire avec une petite communauté de chrétiens et pas seulement avec une seule personne, fut-elle un prêtre formé car ce serait dommage de ne pas proposer cette expérience qui est un chemin de conversion pour tous et qui nous interroge tous sur notre relation aux sacrements. Ce petit groupe d’accompagnement ne serait en aucun cas juge du parcours des personnes, mais participerait seulement au discernement qui permettra à la personne de se sentir prête . Le chemin doit également prévoir la forme que pourra prendre la parole de l’Eglise, afin que ce « retour « puisse se fêter en Eglise .

Voici quelques idées, pas du tout exhaustives….

*** Une paroisse qui mets en place un petit groupe de paroissiens autours d’un couple ou de plusieurs couples divorcés-remariés pour revisiter ensemble les sacrements,( ce serait une expérience riche pour tous) et qui propose une messe paroissiale de ré-accueil aux sacrements.
*** Une paroisse dont l’un des membres est un couple divorcé-remarié depuis plusieurs année et qui propose à leur évêque leur ré-intégration complète.
*** Pour les couples divorcés-remariés qui n’ont pas encore vécu de temps de prière à l’occasion de leur nouvelle union, il pourrait exister une préparation à cette nouvelle vie qui s’étalerait sur une année et se terminerait par ce temps de prière, et /ou cette eucharistie de fête où ils seraient à nouveau conviés.
*** Certains mouvements qui proposent des cheminements pour couples chrétiens, pourraient avoir des parcours spécifiques pour couples divorcés-remariés, à fortiori si ce sont déjà des mouvements pour couples divorcés-remariés comme les équipes Reliance….
*** Pour les couples divorcés-remariés qui se seraient depuis longtemps éloignés de l’Église, des parcours type «parcours alpha » spécialisé pourraient être un chemin….voire un chemin comme les catéchumènes.
*** Certains lieux habituels de retraite, ou de session, pourraient également prévoir des itinéraires spécifiques.
*** les pastorales familiales devraient pouvoir orienter les couples demandeurs vers le parcours les plus adaptés.

A nous d’inventer encore d’autres chemins….

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