La logique de la miséricorde pastorale

Selon une lecture attentive d’Amoris Laetitia

 « Deux logiques parcourent toute l’histoire de l’Église : exclure et réintégrer […]. La route de l’Église, depuis le Concile de Jérusalem, est toujours celle de Jésus : celle de la miséricorde et de l’intégration […]. La route de l’Église est celle de ne condamner personne éternellement ; de répandre la miséricorde de Dieu sur toutes les personnes qui la demandent d’un cœur sincère » AL 296

« Il s’agit d’intégrer tout le monde, on doit aider chacun à trouver sa propre manière de faire partie de la communauté ecclésiale, pour qu’il se sente objet d’une miséricorde ‘‘imméritée, inconditionnelle et gratuite’’. Personne ne peut être condamné pour toujours, parce que ce n’est pas la logique de l’Évangile ! » AL 297

Dans ses exhortations, ses catéchèses, ses homélies et plus particulièrement dans son exhortation apostolique Amoris Laetitia, le pape François ne cesse de rappeler la logique de l’Evangile : convertir son cœur et son regard pour ne laisser personne au bord du chemin. Toutes les exclusions sont concernées par ces paroles : étrangers, migrants, quart-monde, personnes handicapées, personnes dépendantes, personnes se retrouvant dans des situations dites « irrégulières », couples non mariés, couples remariés, personnes ayant une orientation sexuelle différente…et tous ceux qui se sentent en marge de nos communautés.

Qui intègre ?

Le sous-titre du chapitre VIII : accompagner, discerner, intégrer nous montre clairement que ces trois verbes d’actions s’adressent tout d’abord aux communautés. C’est bien la volonté d’intégrer qui met en route la communauté pour qu’elle s’efforce d’accueillir, de trouver des moyens pour accompagner et de discerner comment faire grandir la communion ecclésiale. Cette attitude de bienveillance, permet alors à ceux qui étaient au bord du chemin de « se lever » et de prendre le chemin, accompagnés par des frères et de rejoindre la communauté à la suite du Christ.

Pourquoi intégrer ?

Avant de chercher des pistes pour intégrer dans nos communautés  tous les exclus et notamment des personnes en situations dites «  irrégulières » il faut bien se pénétrer de l’idée que les «  divorcés-remariés  sont des baptisés, ce sont des frères et des sœurs, l’Esprit Saint déverse en eux des dons et des charismes pour le bien de tous » AL 299, ce qui veut bien dire que s’ils ne sont pas intégrés dans la communauté, leurs charismes ne peuvent pas non plus être mis au service de tous et donc la communauté s’appauvrit.  La communion ecclésiale n’est pas réalisée et le Corps du Christ reste comme amputé. Ainsi les communautés accueillantes s’agrandissent et s’enrichissent car « Prendre soin des personnes divorcées-remariées ne signifie pas pour la communauté chrétienne un affaiblissement de sa foi et de son témoignage sur l’indissolubilité du mariage, c’est plutôt précisément en cela que s’exprime sa charité » AL 243.

L’intégration est la rencontre d’un double chemin :

  • Le chemin de la personne qui désire une reconnaissance bienveillante de la situation, un accompagnement fraternel dans une reconstruction, et un accueil joyeux dans la communauté. Comme le fils prodigue, elle se tourne vers le Père en se remettant à sa miséricorde.
  • Et Le chemin de la communauté qui souhaite participer à la joie du Père en faisant le pas, le tout petit pas que le fils ainé refuse de faire malgré les supplications du Père. En restant à la porte de la salle du festin, elle s’exclue ainsi elle-même de l’amour et de la miséricorde du Père. (Lc 15, 11-32)

Pour reconnaitre, accepter et faire nôtre la miséricorde du Père envers nos frères, nous devons toujours nous rappeler que « Nous ne pouvons pas oublier que « la miséricorde n’est pas seulement l’agir du Père, mais elle devient le critère pour comprendre qui sont ses véritables enfants. En résumé, nous sommes invités à vivre de miséricorde parce qu’il nous a d’abord été fait miséricorde ». AL 310 citant Misericordiae Vultus MV 9.

Ainsi, la miséricorde est pour tous, ‘‘imméritée, inconditionnelle et gratuite’’ AL 296-297

Première conclusion

Puisque L’Évangile lui-même nous demande de ne pas juger et de ne pas condamner (cf. Mt 7, 1 ; Lc 6, 37) Jésus « attend que nous renoncions à chercher ces abris personnels ou communautaires qui nous permettent de nous garder distants du cœur des drames humains, afin d’accepter vraiment d’entrer en contact avec l’existence concrète des autres et de connaître la force de la tendresse » AL 308 citant Evangelii Gaudium EG 270.

C’est de notre désir de nous faire proche, d’apprendre à « toujours ôter nos sandales devant la terre sacrée de l’autre » (Evangelii Gaudium 169) que nous entrerons dans cet « art de l’accompagnement » si cher au pape François. Nous pourrons alors accompagner le chemin propre à chacun, en osant lui poser la question de Jésus à Bartimée : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? ». C’est en cherchant ensemble les réponses ajustées à cette personne dans cette communauté qu’un chemin va se dessiner.

Comment intégrer

« . La logique de l’intégration est la clef de leur accompagnement pastoral, afin que non seulement ils sachent qu’ils appartiennent au Corps du Christ qu’est l’Église, mais qu’ils puissent en avoir une joyeuse et féconde expérience » AL 299

Dans le cas des situations matrimoniales dans nos sociétés occidentales, nous constatons une grande diversifiée de situations humaines qui ne sont plus vécues dans un contexte de catholicité généralisée. Les occasions de rencontres avec l’Eglise se réduisent aux funérailles, et pas toujours. Les baptêmes et les mariages deviennent des lieux rares mais privilégiés d’accueil, car la demande vient des personnes elles-mêmes, même si les raisons invoquées sont loin du sens dont ces sacrements sont porteurs. Comment accueillir ces couples dans le respect de leur parcours pour qu’ils sentent en eux ces semences de vie, ces semences de Dieu qui peuvent leur permettre de faire ce petit pas qui « au milieu de grandes limites humaines, peut être plus apprécié de Dieu que la vie extérieurement correcte de celui qui passe ses jours sans avoir à affronter d’importantes difficultés » AL 305 citant Evangelii Gaudium EG 44.

Cet accueil, sans jugement sera peut-être un signe pour d’autres dont le chemin n’a pas encore croisé ces lieux d’Eglise. Là est bien notre mission : « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’ils reconnaitront que vous êtes mes disciples » (Jn 13, 35).

La logique de la miséricorde pastorale est donc l’intégration. Mais attention de ne pas voir la miséricorde avec condescendance, comme un acte de charité vers « ceux qui ont péché » et soyons attentifs à ne pas confondre leur chemin et celui que doit faire la communauté.

Quel accompagnement ?

Pour les personnes ayant vécus une rupture de couple, quel que soit la formalisation de cette union (Concubinage, PACS, mariage civil ou religieux), distinguons bien deux niveaux :

  • Le niveau du parcours humain des personnes, indépendamment de leurs liens à l’Eglise et à sa discipline,
  • Et pour ceux qui côtoient de plus près l’Eglise catholique, les répercussions de ces situations sur leur foi en Dieu, sur leur confiance en l’Eglise, sur leurs exclusions possibles vécues dans leurs communautés.
  • Ces deux niveaux étant évidemment intimement liés.

Pour les personnes « divorcées »

Pour les personnes séparées ayant ou non vécu un mariage valide à l’Eglise, l’accompagnement et l’intégration ne devraient pas rencontrer de difficultés au niveau des communautés et des pasteurs puisque déjà le pape Jean-Paul II rappelait, dans Familiaris consortio 83 que l’Eglise « doit plus que jamais [leur] apporter une aide pleine de sollicitude affectueuse, sans qu’il y ait aucun obstacle à son admission aux sacrements ». Il faut cependant noter qu’elles sont souvent mal intégrées, parfois même exclues de certains services, voire des sacrements de manière indue et de toute manière, bien peu accompagnées dans leur reconstruction personnelle. La crainte et la frilosité de certains pasteurs vient de l’idée que « s’occuper » d’une personne divorcée, à fortiori engagée dans une nouvelle union c’est cautionner le divorce ! Et donc nier l’indissolubilité du mariage !

La logique de la miséricorde pastorale consiste, non seulement à proposer des lieux, groupes ou mouvements où ces reconstructions pourront se faire, à éviter les exclusions arbitraires de certains services, mais aussi à « appeler » ces personnes à de nouveaux engagements lorsqu’elles sont prêtes et selon leurs charismes propres. Cette attitude d’accueil et d’intégration est la même que celle qui devrait être mise en place pour les personnes veuves ou simplement célibataires. Elles se sentent parfois un peu mises sur la touche dans l’Eglise du fait qu’elles ne sont pas « en couple » ou « engagées dans la vie religieuse ».

Des propositions concrètes existent déjà : groupes de partage, de reconstruction ou de spiritualité pour des personnes divorcées. Depuis longtemps, déjà au temps de Mgr Lebourgeois, ou avec Mgr Thomas, il y a eu des propositions concrètes. Pour les personnes divorcées, il existe des mouvements, des lieux d’accueil et de partage, des accompagnements personnels, des sessions ou des équipes de reconstruction, des parcours ou des équipes plus pérennes d’entre aide spirituelle. Toutes ces propositions ne sont pas suffisamment connues et devraient exister dans les paroisses, les doyennés, au niveau des diocèses. Une formation à l’accompagnement et le partage des expériences des mouvements qui sont dédiés à cette pastorale pourrait permettre de mettre en place des propositions localement et ainsi répondre aux demandes de nombreuses personnes.

Pour les personnes divorcées vivant dans une nouvelle union.

N’oublions pas qu’il y a des couples, engagés dans une nouvelle union après une rupture d’un précédent couple, qui peuvent parfaitement se marier à l’Eglise, si leur précédente union, pourtant réelle, n’avait pas été validement consacrée à l’Eglise (union libre, pacs, mariage civil pour des baptisés) ou s’ils ont obtenu la reconnaissance de l’invalidité de leur mariage, voire bénéficié de sa dissolution dans certains cas.  Pour l’Eglise ils sont « dans les clous ». Mais une bonne préparation au mariage (de fait un remariage) ne pourra se faire que dans le respect du chemin de ces personnes et donc la prise en compte du vécu des anciennes unions, non pas pour « juger », mais pour accompagner les chemins de reconstruction humaine de ces personnes. Dans le cas où la précédente union a été vécue dans le cadre d’un mariage valide (et sacramentel uniquement si les deux personnes sont baptisées), l’Eglise ne peut pas proposer un « nouveau » mariage. Par contre elle peut accompagner ce couple dans son choix de s’engager dans une seconde union, en lui proposant une véritable préparation humaine et religieuse pour cette nouvelle vie, en l’aidant à préparer un temps de prière qui viendra confier cette seconde union à l’amour et à la miséricorde du Seigneur.

  • Pour l’accueil d’un couple en seconde union.

Les « temps de prière à l’occasion d’une seconde union » sont des propositions assez peu connues ou même volontairement ignorées de certaines paroisses. Pourtant ce pourrait être un service où justement des couples vivant depuis longtemps dans une seconde union pourraient être en mission, étant plus crédibles par leur propre histoire. L’expérience montre que ces temps de prière, bien préparés et vécu en famille proche ou en petite communauté, sont des moments forts de réconciliation des familles. Ils sont vécus comme un évènement fondateur pour ce nouveau couple et une occasion pour l’Eglise de se manifester comme « une mère qui les accueille toujours, qui s’occupe d’eux avec beaucoup d’affection et qui les encourage sur le chemin de la vie et de l’Évangile. » AL 299.

  • Le temps de prière est une proposition concrète.

Depuis longtemps, des personnes, laïcs ou prêtres, proposent un accompagnement et une aide aux couples en nouvelle union qui souhaitent vivre ces « temps de prière » évoqués plus haut. Des livres du père Guy de Lachaux, et des sites internet, proposent des pistes pour commencer. Dans une paroisse, une équipe de préparation au mariage peut se former à cet accompagnement et même intégrer dans l’équipe des couples en seconde union qui ont eux-mêmes vécu cet accompagnement. A la fin de la préparation, la célébration, souvent vécue dans une certaine intimité peut faire l’objet d’une annonce paroissiale pour bien signifier l’intégration de ce couple dans la communauté. Cette proposition peut être faite aux couples « remariés » qui viennent pour un baptême ou pour une inscription d’un enfant au caté.  C’est souvent l’occasion d’une reprise de contact avec la paroisse et l’invitation à venir y prendre sa place.

  • Pour une demande sacramentelle.

Certains de ces couples sont des pratiquants réguliers des célébrations dominicales. Comment ne pas ressentir l’impossibilité de participer à la communion sacramentelle, comme une exclusion au Corps du Christ. Dans son exhortation apostolique Amoris laetitia, le pape François ouvre clairement un chemin vers les sacrements pour ceux qui en empruntent la route d’un cœur sincère. « Il est possible que, dans une situation objective de péché… l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer, et qu’on puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Église. » Là le texte envoie à la note 351 qui renvoie àl’exhortation Evangelii Gaudium où le pape stipule que cela peut être, dans certains cas, l’aide des sacrements.

En contre point le pape rappelle le lien ontologique entre communion ecclésiale et communion sacramentelle (Sacramentum Caritatis 76) lorsqu’il commente les recommandations de St Paul (1 Co 11, 17-34) : « Il ne faut pas oublier que ‘‘la mystique’’ du Sacrement a un caractère social.  Lorsque ceux qui communient refusent de s’engager pour les pauvres et les souffrants ou approuvent différentes formes de division, de mépris et d’injustice, l’Eucharistie est reçue de façon indigne. » AL 186.

Pour vivre cette unité, c’est maintenant aux communautés d’inventer avec l’aide de l’Esprit les chemins concrets qui peuvent être mis en place AL 199. Clairement, il ne peut y avoir de réponse unique, de chemin tout balisé, de nouvelles « normes » finalement AL 2-3, mais chaque communauté est invitée à poser la question « Que veux-tu que je fasse pour toi ?»

  • Des propositions concrètes pour ces chemins de discernements ont vu le jour.

En fait, depuis le concile Vatican II où le prima de la conscience éclairée a été réaffirmé (GS 16), un petit nombre de personnes divorcées-remariées ont repris de chemin de la communion sacramentelle. Par ailleurs, cette discipline sacramentelle a fait fuir de l’Eglise un grand nombre de personnes directement concernées par cette situation puisque, jusqu’en 1983 l’ancien code de droit canonique les excommuniait clairement, il ne reste dans nos assemblées qu’un petit nombre de fidèles « divorcés-remariés » qui ont fait des choix différents dans leur pratique eucharistique. Avec Amoris Laetitia, une lecture attentive permet de mettre en place des cheminements de discernement pour un retour éventuel aux sacrements. Quatre ans après Amoris laetitia, quelques expériences ont été menées et ont porté du fruit. En voici quelques-unes, mais j’espère qu’il en existe d’autres. Dans ce domaine de pastorales « délicates » il est très difficile de savoir ce qui se fait exactement dans les diocèses. Dans ce domaine aussi, l’Eglise manque de clarté et les diocèses communiquent mal entre eux.

  • Voici quelques expériences.

Il y a des accompagnements personnels par un prêtre, comme les missionnaires de la miséricorde à Rouen. La personne fait son chemin, accompagnée par le prêtre, et lorsque le moment est venu, le dialogue avec le prêtre la conduit au Pardon et à l’Eucharistie. La célébration reste assez privée et n’a pas lieu « en paroisse ». Ce qui fait que, dans certains cas même, la personne continue à être exclue de certains services dans sa communauté et son intégration n’est pas pleine et entière, même si elle « recommunie ».

Dans d’autres cas c’est un projet paroissial, c’est-à-dire une initiative de la paroisse, initialisée par l’EAP pour mettre en place des cheminements de discernement pour les personnes de la communauté en exprimant le souhait. Ceux que nous connaissons ont mis en place une petite équipe de personnes concernées, accompagnées par des paroissiens comme témoins de la communauté et un prêtre, idéalement le curé de la paroisse. Sur une longue durée, de 9 mois à deux ans, ces groupes ont cheminé et une célébration finale a été proposée à toute la communauté pour accueillir officiellement ceux qui souhaitaient une intégration pleine et entière.

A la différence des propositions d’accompagnement personnel, ces initiatives de paroisse permettent la conversion de la communauté et l’intégration pleine et entière des personnes. Les fruits de ces cheminements sont la joie et le sentiment renforcé de communion ecclésiale qui peut enfin s’exprimer dans la communion sacramentelle vécue par tous. C’est la richesse des cheminements Bartimée proposés par les Equipes Reliance dès la parution d’Amoris Laetitia en avril 2016.

En conclusion

Si le mot Miséricorde est cités une bonne trentaine de fois dans Amoris Laetitia, si le pape François a proposé une année de la miséricorde et s’il a publié « Misericodiae  Vultus » c’est qu’il considère la miséricorde comme le plus grand don de Dieu. C’est même un des noms de Dieu, la miséricorde est vérité révélée en la personne du Christ car « en contemplant le visage du Christ, l’Eglise est d’abord appelée à être témoin véridique de la miséricorde, en la professant et en la vivant comme le centre de la Révélation de Jésus-Christ » MV 25. C’est pour cela que la miséricorde est toujours imméritée, inconditionnelle et gratuite. On ne peut pas la limiter car «la miséricorde est la plénitude de la justice et la manifestation la plus lumineuse de la vérité de Dieu. C’est pourquoi, il convient toujours de considérer que toutes les notions théologiques qui, en définitive, remettent en question la toute-puissance de Dieu, et en particulier sa miséricorde, sont inadéquates ».AL 311

La logique de cette miséricorde est l’intégration pleine et entière puisque « Jésus lui-même se présente comme le Pasteur de cent brebis, non pas de quatre-vingt-dix-neuf. Il les veut toutes. Si on est conscient de cela, il sera possible qu’à tous, croyants ou loin de la foi, puisse parvenir le baume de la miséricorde comme signe du Règne de Dieu déjà présent au milieu de nous ». AL 309

Déjà le pape François nous appelait à une pastorale de conversion en espérant « que toutes les communautés feront en sorte de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour avancer sur le chemin d’une conversion pastorale et missionnaire qui ne peut laisser les choses comme elles sont » EG 25 même s’il reconnait que « parfois, il nous coûte beaucoup de faire place à l’amour inconditionnel de Dieu dans la pastorale. Nous posons tant de conditions à la miséricorde que nous la vidons de son sens concret et de signification réelle, et c’est la pire façon de liquéfier l’Évangile » AL 311

Il nous invite tous à nous faire confiance, et à faire confiance à L’Esprit.

Les fidèles :« J’invite les fidèles qui vivent des situations compliquées, à s’approcher avec confiance de leurs pasteurs ou d’autres laïcs qui vivent dans le dévouement au Seigneur pour s’entretenir avec eux. » AL 312

Les pasteurs : « Et j’invite les pasteurs à écouter avec affection et sérénité, avec le désir sincère d’entrer dans le cœur du drame des personnes et de comprendre leur point de vue, pour les aider à mieux vivre et à reconnaître leur place dans l’Église » AL 312

« Les pasteurs doivent savoir que, par amour de la vérité, ils ont l’obligation de bien discerner les diverses situations » AL 79 citant Familiaris consortio 84.

Car « l’Église n’est pas une douane, elle est la maison paternelle où il y a de la place pour chacun avec sa vie difficile » AL 310 citant EG 47 et « Il est mesquin de se limiter seulement à considérer si l’agir d’une personne répond ou non à une loi ou à une norme générale, car cela ne suffit pas pour discerner et assurer une pleine fidélité à Dieu dans l’existence concrète d’un être humain ». AL 304

Ainsi, s’agrandit la Maison du Père et le Royaume de Dieu, but de la mission confiée par Jésus à ses apôtres.  Par l’intégration de tous, la communion ecclésiale se fortifie et la communion sacramentelle vécue par tous édifie jour après jour le Corps du Christ et contribue à l’avènement du Règne de Dieu.

pour le temps fort du avril 2020, Equipes Reliance